Entre la rage de réussir et le gout effréné des affaires qu’elle a acquis depuis son enfance, Aurélie Katanga fait ses premiers pas dans l’entrepreneuriat en revendant des mèches auprès de ses amies pendant qu’elle poursuivait ses études en Tunisie. Au fil du temps, une autre passion a envahi son cœur. Elle nous en parle dans cette interview.

GLM : Qui est Aurélie ?

Aurélie Katanga : Je suis Aurélie Katanga, j’ai 25 ans, je suis née à Lubumbashi d’une famille de 8 enfants dont je suis la 6ème. Mes parents, frères et sœurs sont tous entrepreneurs et j’ai grandi en regardant les membres de ma famille faire des affaires et gérer des entreprises. Ça m’a toujours passionné et c’est donc naturellement que je me suis lancée dès que j’ai pu. Quand je ne travaille pas je m’adonne à la lecture, au cinéma et à des activités associatives qui tournent autour de l’entrepreneuriat en Afrique et de l’émancipation des femmes. Aujourd’hui, je suis consultante en protection des données personnelles et management de données dans une banque française. Mes revenus en France me permettent d’investir dans mon entreprise, Mayam Halisi, créée en Octobre 2019, que je dirige depuis la France grâce au e-commerce.

Quand on est guidé par sa passion, on ne peut que sortir de sa zone de confort pour aller chercher la réussite.

Aurélie Katanga

GLM : Pourquoi avoir choisi la vente de gaines et de bijou comme domaine d’investissement ? Quelle est votre plus-value ?

A.K : En Septembre 2019, après avoir passé 5 ans à l’étranger, je retourne à Lubumbashi pour revoir ma famille mais aussi en profiter pour identifier un domaine dans lequel je pourrais investir. 

Je prends le temps d’observer mon entourage et de discuter avec différentes femmes. Je constate que plusieurs d’entre elles sont très complexées par leur ventre qu’elles cachent en dessous de vêtements très amples.

Je constate aussi la difficulté de se procurer des produits de qualité à prix abordable car le marché lushois est envahi par la contrefaçon et les produits originaux sont vendus à des prix élevés, accessibles seulement pour des personnes aisées.

Ces deux constats me poussent à créer Mayam Halisi, nom donné en l’honneur des femmes authentiques qui m’ont inspiré à lancer cette activité. Mayam Halisi est l’acronyme de la phrase swahili “maisha ya mawanamuke halisi” qui signifie “vie d’une femme authentique”.

Dans l’objectif d’aider les femmes à aimer leur corps et à révéler leur féminité, Mayam Halisi propose :

  • Des gaines de qualité pour sublimer leur silhouette ;
  • Un service de personal shopping pour leur permettre de faire leur shopping à Paris à travers nous. Ce service a révélé une forte demande pour les bijoux qui nous a poussé à proposer une 3ème offre ;
  • Des bijoux de qualité plaqués or, garantie au moins 3 ans et traités contre les allergies, pour parfaire et habiller toutes leurs tenues.

Nous livrons nos articles gratuitement à domicile ou au travail et le paiement se fait seulement si la cliente est satisfaite et confirme son envie d’acheter.

Considérant que chaque femme est authentique, notre plus-value est le conseil et l’accompagnement que nous offrons à nos clientes afin qu’elles fassent le meilleur choix en fonction de leur morphologie et leur budget. Il ne s’agit pas que de vendre, mais d’accompagner nos clientes pour qu’elles achètent uniquement des produits qui leur correspondent et répondent à leur besoin. Notre mot d’ordre, vous sublimer par la meilleure qualité au meilleur prix.

GLM : Parlez-nous de votre parcours ?

A.K : Après avoir obtenu mon diplôme d’État en Littéraire, je rejoins à 17 ans la Tunisie pour poursuivre des études de Droit. A 19 ans, je lance ma première affaire de vente de mèches à braids à Tunis, qui fonctionne bien. Cette activité parallèle à mes études s’arrête car je dois quitter la Tunisie pour poursuivre mon Master en France.

J’arrive en France en 2015 alors âgée de 20 ans. En parallèle de mes études en Droit des affaires, je décide de retenter l’expérience en me lançant dans la vente de produits de maquillage auprès de la diaspora en Tunisie, en m’associant à une amie qui y était encore. L’affaire réussit mais s’arrête au bout d’un an en raison des fortes contraintes réglementaires tunisiennes en matière de douanes et d’envoi d’argent par des étrangers.

Cet échec ne m’ôte pas l’envie d’entreprendre mais me donne l’envie d’apprendre du monde des affaires pour devenir une meilleure femme entrepreneur. Je décide alors de finaliser mes études avec une formation complémentaire en création d’entreprise et gestion de projet, gardant ainsi à cœur l’envie d’entreprendre un jour dans mon pays, la République Démocratique du Congo.

Aujourd’hui je vis à Paris, je suis salariée le jour et femme entrepreneur les soirs et les week-end. Ce rythme n’est pas idéal, mais ce que mon équipe et moi avons accompli en un an me font croire à un avenir prometteur pour Mayam Halisi, dans lequel je me vois y être consacrée à 100%.

j’ai grandi en regardant les membres de ma famille faire des affaires et gérer des entreprises.

Aurélie Katanga

GLM : Comment définissez-vous une femme accomplie ?

A.K : Pour moi une femme accomplie est celle qui s’épanouie en réalisant ce qui la passionne et qui se nourrit de sa passion pour persévérer et atteindre ses objectifs malgré toutes les difficultés. Quand on est guidé par sa passion, on ne peut que sortir de sa zone de confort pour aller chercher la réussite. Comme l’a dit Confucius, « choisissez un travail que vous aimez et vous n’aurez pas à travailler un seul jour de votre vie ».

GLM : Votre message pour les femmes entrepreneurs

A.K : Vous êtes authentique, ne cherchez pas à imiter qui que ce soit. N’ayez pas peur d’oser même si la foule ne suit pas votre idée ; osez-vous démarquer.

Nous vivons toutes le fameux syndrome de l’imposteur, ne le subissez pas mais voyez-le comme le signe qu’il est temps de sortir de sa zone de confort. Le succès se trouve en dehors de cette zone et être entrepreneur implique de se dépasser.

Qu’avez-vous à perdre à oser ? Vous réussirez, ou vous apprendrez. Alors osez, échouez, apprenez, osez encore et encore, jusqu’à ce que ça marche.

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